Syndic & mandat

Mise en concurrence du syndic : l'article 21 mode d'emploi

Mis à jour le

Avant chaque assemblée générale appelée à se prononcer sur la désignation d'un syndic professionnel, le conseil syndical met en concurrence plusieurs projets de contrat de syndic (article 21 de la loi du 10 juillet 1965, dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er juin 2020). Il n'existe plus de rythme « tous les trois ans » : l'obligation est attachée à chaque désignation. La loi précise que cette formalité n'est pas prescrite à peine d'irrégularité de la désignation. L'assemblée peut en dispenser le conseil syndical à la majorité de l'article 25, lors de l'assemblée précédente. Sans conseil syndical, la mise en concurrence n'est pas obligatoire.

À retenir

  • L'obligation pèse sur le conseil syndical, pas sur le syndic : c'est lui qui met en concurrence plusieurs projets de contrat, établis sur le contrat type.
  • Moment : avant chaque assemblée appelée à désigner un syndic professionnel (article 21 de la loi du 10 juillet 1965, en vigueur depuis le 1er juin 2020). La règle des « trois ans » a disparu.
  • L'absence de mise en concurrence n'entraîne pas l'irrégularité de la désignation : la loi le prévoit expressément.
  • Dispense : vote de l'assemblée générale précédente à la majorité de l'article 25, la question devant être inscrite à son ordre du jour.
  • Sans conseil syndical, pas d'obligation. Tout copropriétaire peut faire inscrire des projets de contrat à l'ordre du jour, et le conseil syndical peut rendre un avis écrit joint à la convocation.

Qui doit mettre en concurrence, et quand

L'article 21 de la loi du 10 juillet 1965 confie la mise en concurrence au conseil syndical. En vue de l'information de l'assemblée générale appelée à se prononcer sur la désignation d'un syndic professionnel, il met en concurrence plusieurs projets de contrat de syndic, établis conformément au contrat type. L'obligation n'est donc pas périodique : elle se présente à chaque assemblée qui doit désigner un syndic professionnel, qu'il s'agisse de renouveler le syndic en place ou d'en choisir un nouveau.

Le calendrier découle de celui du mandat : l'assemblée de désignation se tenant dans les trois mois précédant l'échéance du contrat en cours, le conseil syndical engage ses consultations plusieurs mois en amont, pour disposer de projets comparables au moment d'arrêter l'ordre du jour avec le syndic.

La loi précise que cette formalité n'est pas prescrite à peine d'irrégularité de la décision de désignation. Autrement dit, un syndic désigné sans mise en concurrence préalable reste valablement désigné : la mise en concurrence sert l'information de l'assemblée, elle ne conditionne pas la validité du vote.

Ce qui a changé le 1er juin 2020

Jusqu'au 31 mai 2020, l'article 21 imposait au conseil syndical une mise en concurrence tous les trois ans. L'ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019 a réécrit le texte, en vigueur depuis le 1er juin 2020 : la mise en concurrence est désormais attachée à chaque assemblée appelée à désigner un syndic professionnel, la dispense est votée lors de l'assemblée précédente, et le conseil syndical peut rendre un avis écrit sur les projets.

Les contenus qui évoquent encore une « mise en concurrence triennale » décrivent donc l'ancien régime. C'est le texte en vigueur, consultable sur Légifrance, qui fait foi.

Mise en concurrence du syndic : avant et depuis le 1er juin 2020
PointJusqu'au 31 mai 2020Depuis le 1er juin 2020
FréquenceTous les trois ansAvant chaque assemblée appelée à désigner un syndic professionnel
DispenseVote à la majorité de l'article 25 l'année précédenteVote à la majorité de l'article 25 lors de l'assemblée précédente, question inscrite à son ordre du jour
Sanction du défautNon précisée par le texteFormalité non prescrite à peine d'irrégularité de la désignation
Avis du conseil syndicalNon prévuAvis écrit possible sur tout projet de contrat, joint à la convocation
Sans conseil syndicalPas d'obligationPas d'obligation
Sources : article 21 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, version en vigueur depuis le 1er juin 2020 (Légifrance, consulté le 25 septembre 2026) ; ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019.

La dispense : possible, mais encadrée

L'assemblée générale peut dispenser le conseil syndical de cette mise en concurrence. La décision se vote à la majorité absolue de l'article 25, lors de l'assemblée générale qui précède celle appelée à désigner le syndic, et la question doit être inscrite à l'ordre du jour de cette assemblée précédente. Une dispense décidée le jour même de la désignation ne remplit pas cette condition.

Lorsque la copropriété n'a pas institué de conseil syndical, la mise en concurrence n'est pas obligatoire. Dans tous les cas, la dispense supprime une obligation, pas une faculté : copropriétaires et conseil restent libres de comparer autant de contrats qu'ils le souhaitent.

Comment organiser une mise en concurrence utile

Une consultation sérieuse compare des offres comparables : mêmes informations transmises à chaque candidat (nombre de lots, budget, contrats en cours, contentieux, travaux votés ou envisagés), projets établis sur le contrat type du décret n° 2015-342, et lecture ligne à ligne des trois blocs qui font le coût réel.

Les points de comparaison entre projets de contrat de syndic
BlocCe qu'il faut comparerPourquoi
Forfait de gestion courantePérimètre exact : nombre de réunions et d'heures d'AG incluses, plage horaire, visites d'immeubleUn forfait bas avec un périmètre étroit se rattrape en facturations annexes
Prestations particulières (annexe 2)Tarif de chaque ligne de la liste limitative du décret n° 2015-342C'est là que se logent les écarts les plus forts entre cabinets
Honoraires sur travauxPourcentage dégressif du montant HT, voté en AG avec les travaux (art. 18-1 A)Poste décisif dès qu'un chantier est en vue
Références : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, art. 21 et 18-1 A ; décret n° 2015-342 du 26 mars 2015 — consultées le 25 septembre 2026.

L'avis écrit du conseil syndical

Le conseil syndical peut se prononcer, par un avis écrit, sur tout projet de contrat de syndic. Lorsqu'il en émet un, cet avis est joint à la convocation de l'assemblée générale, en même temps que les projets de contrat concernés.

C'est l'outil le plus utile pour éclairer le vote : une synthèse factuelle des écarts de forfait, de prestations particulières et d'honoraires sur travaux permet aux copropriétaires de comparer sans devoir relire chaque contrat.

Après la consultation : le vote en assemblée

Les projets retenus sont joints à la convocation de l'assemblée générale, et la désignation se vote à la majorité absolue de l'article 25 ; si un candidat obtient au moins un tiers des voix sans atteindre cette majorité, un second vote immédiat à la majorité de l'article 24 est possible (article 25-1). Tout copropriétaire peut, de son côté, demander au syndic d'inscrire à l'ordre du jour l'examen de projets de contrat qu'il lui communique.

AD SYNDIC répond aux mises en concurrence avec un contrat conforme au contrat type et un barème remis ligne à ligne avant signature : la comparaison doit pouvoir se faire poste par poste, sans zone d'ombre.

Questions fréquentes

La mise en concurrence est-elle obligatoire tous les trois ans ?

Non, plus depuis le 1er juin 2020. L'article 21 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit désormais que le conseil syndical met en concurrence plusieurs projets de contrat avant chaque assemblée générale appelée à se prononcer sur la désignation d'un syndic professionnel. La règle des trois ans appartient à l'ancien texte.

Que se passe-t-il si le conseil syndical ne fait pas la mise en concurrence ?

La désignation du syndic reste valable : l'article 21 précise que cette formalité n'est pas prescrite à peine d'irrégularité de la décision de désignation. Rien n'empêche alors un copropriétaire de pallier la carence en faisant inscrire lui-même des projets de contrat à l'ordre du jour.

Comment obtenir une dispense de mise en concurrence ?

Par un vote à la majorité absolue de l'article 25, lors de l'assemblée générale qui précède celle appelée à désigner le syndic. La question doit être inscrite à l'ordre du jour de cette assemblée précédente : elle ne peut pas être décidée le jour de la désignation.

Le syndic en place peut-il refuser d'inscrire un contrat concurrent à l'ordre du jour ?

Non. Tout copropriétaire peut demander au syndic d'inscrire à l'ordre du jour l'examen de projets de contrat qu'il lui communique. Le syndic qui l'écarterait s'exposerait à voir contester la régularité de l'assemblée.

Le conseil syndical peut-il donner son avis sur les contrats ?

Oui. Le conseil syndical peut rendre un avis écrit sur tout projet de contrat de syndic. S'il le fait, l'avis est joint à la convocation de l'assemblée générale, avec les projets de contrat concernés.

Une petite copropriété sans conseil syndical doit-elle mettre en concurrence ?

Non : lorsque la copropriété n'a pas institué de conseil syndical, la mise en concurrence n'est pas obligatoire. Comparer plusieurs contrats reste néanmoins la meilleure protection contre un forfait mal calibré, en particulier dans les petits immeubles.

Ce guide présente des informations générales à jour du droit en vigueur, sans valeur de conseil juridique ou fiscal personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre copropriété, échangeons.

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